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05/2008
La BAD participe au capital de Advans Bank Congo pour appuyer la microfinance en RDC

Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et la société Horus Development Finance Advans S.A. SICAR ont signé lundi à Tunis, un accord de prêt pour une participation de 1,1 million de dollars américains au capital d’Advans Banque Congo, pour appuyer les petites entreprises dans la République Démocratique du Congo.
L’accord a été  signé par le vice président chargé du secteur privé de l’infrastructure et l’intégration régionale, Mandla S. Gantsho,  et le directeur de Horus Development Finance, Claude Falgon, pour Advans Bank Congo.
Advans Bank Congo aura un statut de banque de microfinance entièrement nouvelle, fournissant des services financiers aux populations à faible revenu de la RDC. En cinq ans, Advans Bank devrait avoir plus de 20 000 clients actifs et un portefeuille de prêts d’environ 26 millions de dollars. Elle mobilisera des ressources en dollars et en monnaie locale, grâce à des activités de dépôt et autres produits d’épargne. Advans Bank devrait, en l’espace de cinq ans, attirer près de 40 000 déposants volontaires et mobiliser environ 24 millions dollars.
L’investissement de la BAD s’inscrit dans le cadre de la stratégie pour le développement du secteur privé. Il vient appuyer les piliers stratégiques suivants : renforcement du secteur financier et appui aux entreprises privées. Il est conforme aux stratégies opérationnelles du secteur privé de la Banque pour le renforcement de l’appui aux intermédiaires financiers commercialement viables et pour la collaboration avec d’autres partenaires au développement.
Compte tenu du fait que la RDC compte 53 millions d’habitants, dont 75% vivent avec moins d’un dollar par jour, les stratégies de réduction de la pauvreté et de développement de la RDC mettent l’accent sur le soutien au secteur privé et, plus particulièrement, aux micros et petites entreprises. L’Advans Bank accordera des crédits aux couches les plus démunies de la population, notamment à plus de 50 000 microentrepreneurs. Elle  proposera des produits d’épargne à plus de 40 000 épargnants (soit un montant moyen de 459 dollars par épargnant) issus des couches les plus pauvres de la population, ainsi qu’à des micro-entreprises. Elle devrait créer au moins 284 emplois directs et contribuer à l’augmentation des recettes fiscales de l’Etat. En facilitant l’accès des micro-entrepreneurs aux services financiers de base, elle devrait contribuer à la « formalisation » progressive de l’économie.
Dans son discours, le vice président Gantsho, a souligné que « La contribution de la Banque va  au delà de son appui financier pour soutenir les capacités des institutions financières à travers une assistance technique adaptée. Cette contribution de la Banque viendra compléter efficacement les activités d’institutions sœurs telles que la Société  internationale financière  (SFI), et la Banque de développement  (KfW), parmi d’autres.
L’Advans est un précieux instrument dans la mise en œuvre des politiques de microfinance et d’assistance aux Etats fragiles de la Banque. La proposition d’investissement dans l’Advans Bank est conforme aux objectifs liés à l’amélioration des conditions de vie des couches vulnérables de la population, ainsi qu’ils sont énoncés dans la stratégie pays de la Banque pour la RDC.

CONTACTS :
Onike Nicol-Houra, Tél. : +216 71 10 3227, Email : o.nicol@afdb.org
Département du Secteur Privé : Tél.: +216 71 10 32 27 – Fax : +216 71 83 41 78 –
E-mail: private-sector@afdb.org

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04/2008
Les pêcheurs de Moanda en RDC perfectionnent leur technique de pêche

Le 9 avril 2008 - Un samedi du mois de février 2007, au matin, onze jeunes pêcheurs de Moanda-village s’efforcent à remettre leur pirogue motorisée à l’eau. Les pieds s’enlisant dans le sable de la plage, ils placent des branches de badamiers sous l’embarcation pour la faire glisser et avancer vers l’eau, en la tirant à l’aide des bâtons et des cordes.
Papy Baza, propriétaire de la pirogue, encourage les pêcheurs, qui suent déjà à grosses goutte à cette heure de lever du jour. D’autres pêcheurs pointés à la plage viennent à leur rescousse et grâce aux retours violents des vagues, la pirogue quitte enfin la terre ferme pour l’océan. Cette manœuvre harassante, qui se déroule sur une distance de 25 m, leur a pris deux heures, et va se répéter au retour de l’équipage.
Non loin de là, un père et son fils s’apprêtent à aller, eux aussi, à la pêche. Ils ramassent des pierres pour soutenir leurs filets dans l’océan. Du liège et des morceaux de babouches en caoutchouc leur serviront de flotteurs. « Nous utilisons une pirogue à pagaie, car une pirogue motorisée coûte les yeux de la tête », explique Adolphe Menayame.
Avec ses 400 habitants, Moanda-village n’a qu’une pirogue motorisée. Il faut, en effet, compter jusqu’à 5 500 dollars pour avoir une pirogue motorisée, les intrants inclus (filets, pagaie, flotteurs,…), explique Nora Mamuluemba, pêcheur à Nsiamfumu, lieu d’embarquement d’esclaves à l’époque coloniale, avant leur départ en Amérique.
Véritable poissonnerie hier, ce village n’est aujourd’hui que l’ombre de lui-même.  « J’ai passé deux semaines là-bas pour acheter du poisson mais je n’ai eu que quelques fretins », regrette une poissonnière rentrant de ce village.

Savoir préserver les espèces de poisson

Pour aider ces villageois qui rencontrent beaucoup de problèmes dans ce métier qui les fait pourtant vivre, la Banque mondiale a financé en 2007 la formation d’une soixantaine de leaders des associations des pêcheurs de Moanda.  Elle a été financé par le volet agriculture du Programme  multisectoriel de reconstruction et  de réhabilitation (PMURR).
Ils ont suivi trois modules de formation sur le rôle d’une association, l’initiation à la technique de pêche et à la collecte des données statistiques de pêche. Cette formation a été assurée par Trias, une ONG belge. « Il nous faut ce genre de formation, car notre vie dépend de la pêche », reconnaît Assani Bin Assani, président de l’Association pour le développement de la pêche et encadrement des jeunes (ADEPEJ).
Pour Edo Balu, de l’Union des pêcheurs de Nsiamfumu (UPN), cette formation leur a permis de comprendre d’une part qu’une association n’a pas pour seul but l’entraide, mais aussi que « la pêche ne doit pas être faite de façon désordonnée ».L’UPN s’est ensuite organisée et dispose d’un bureau qui s’équipe petit à petit.
Quant à Antoine Luizilemo de l’Association des pêcheurs artisanaux de Moanda-village (APMV), il déclare avoir appris comment utiliser les intrants de pêche, et comment préserver les espèces de poisson.
Après avoir été formés, les leaders des associations se sont investis à former, à leur tour, d’autres pêcheurs de leur contrée. Comme Virginie Lembe, qui a pu bénéficier de cette transmission de connaissances. « Je sais maintenant mieux saler et fumer le poisson », dit-t-elle, contente.

Des outils appropriés

Des filets, trois balances, un carnet de notes et un montant de 50 dollars ont été remis aux associations. Les balances et carnets devaient notamment servir à récolter les données des résultats de la pêche à transmettre au bureau de coordination  la (BCECO) qui exécute le projet.
« Nous n’avons pas pu le faire, car les filets étaient de mauvaise qualité et n’ont pas pu servir », explique Pierre Tendele, vice-président de l’APAMV. Les bascules, elles, ont été attaquées par la rouille. « Il nous faut des balances en plastic qui se conservent mieux », souhaite Edo Balu.
Bien formés, les pêcheurs du littoral côtier de Moanda demandent cependant à être mieux outillés pour exercer, suivant les normes, leur activité qui s’avère de plus en plus exigeante.
Ils ont besoin de pirogues motorisées et d’intrants de qualité, car la rareté du poisson les oblige à aller de plus en plus loin des côtes, en haute mer. Mais là, ils font face aux chalutiers angolais qui, disent-ils, « pêchent dans nos eaux et emportent nos filets à leur passage ».
Certains pêcheurs, pas bien outillés, sont donc contraints d’utiliser des filets à petites mailles pourtant interdits, qui ramassent même des alevins (appelés Mimfobo). Ils vont ensuite jusqu’à 50 km des côtes à la rencontre des chalutiers, à qui ils les revendent contre des produits agricoles.
Chef de service de l’Agriculture, pêche et élevage à Moanda, Boniface Panzu souhaite une meilleure surveillance de la pratique de la pêche sur le littoral. « Les filets à petites mailles doivent être strictement interdits » dit-il. Cela ne peut se faire, comme le déclare le directeur général de l’Institut national de pêche et de navigation de Moanda, Pierre Mamvuemba, « sans l’appui des autorités ».

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